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Une paire de lunettes se règle, elle ne s’achète pas à la forme du visage

Avatar de Louise Ferrandi

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On choisit d’abord une paire de lunettes ou de solaires à la forme du visage, en suivant les conseils habituels : monture ronde pour un visage carré, monture carrée pour un visage rond. C’est une bonne entrée en matière, mais ce n’est jamais ce qui décide si la paire tiendra correctement toute une journée. Ce sont les réglages, presque toujours ignorés à l’achat, qui font vraiment la différence.

L’écart pupillaire, la mesure la plus négligée

L’écart pupillaire est la distance entre les centres des deux pupilles. Sur une paire correctrice, un mauvais écart entre les verres et les pupilles fatigue la vue même avec la bonne correction optique : c’est une cause fréquente d’inconfort attribué à tort à la monture elle-même. Sur une paire solaire, l’effet est moins net visuellement mais joue quand même sur le confort : des verres mal centrés déplacent la zone la plus sombre du verre par rapport au regard.

L’appui nasal, souvent responsable des traces sur le nez

Beaucoup de montures glissent non pas parce qu’elles sont trop grandes, mais parce que les plaquettes nasales ne sont pas ajustées à la morphologie du nez. Sur une monture en métal, ces plaquettes se règlent facilement en les rapprochant ou en les écartant légèrement. Sur une monture en acétate, sans plaquettes ajustables, c’est la courbe du pont qui doit correspondre au nez dès l’achat, ce qui rend l’essayage plus déterminant que pour une monture métallique réglable.

Les branches, réglables plus souvent qu’on ne le pense

Une branche trop longue fait glisser la monture sur le nez, une branche trop courte comprime les tempes et donne des maux de tête en fin de journée. Ce réglage se fait en général en chauffant légèrement la branche pour ajuster son angle derrière l’oreille, une opération simple qu’un opticien réalise en quelques minutes.

  • Une monture qui glisse constamment n’est pas nécessairement trop grande : l’appui nasal est souvent en cause.
  • Des maux de tête récurrents avec une paire correctrice neuve méritent une vérification de l’écart pupillaire avant d’incriminer la correction elle-même.
  • Une branche ajustée correctement doit tenir sans pincer, même en secouant légèrement la tête.

Les charnières, un détail qui pèse dans la durée

Au-delà du réglage initial, la qualité des charnières détermine combien de temps une monture reste ajustée. Une charnière simple, sans ressort, finit par se desserrer avec les ouvertures répétées, et la monture retrouve peu à peu la position trop large qu’elle avait à l’achat. Une charnière à ressort absorbe une partie de ces mouvements et conserve son réglage plus longtemps, un critère souvent plus déterminant que le matériau de la monture elle-même pour qui porte ses lunettes toute la journée.

Le poids global de la monture joue aussi un rôle qu’on associe rarement au confort, alors qu’il l’est directement. Une monture trop légère peut sembler agréable en boutique mais glisser davantage faute de tenue suffisante sur les tempes, tandis qu’une monture un peu plus lourde, correctement équilibrée entre l’avant et les branches, reste souvent plus stable une fois en mouvement, en marchant ou en penchant la tête.

Pourquoi l’essayage seul ne suffit pas

Une monture peut paraître parfaite devant un miroir et pourtant glisser ou marquer après une heure de port réel, en marchant, en parlant, en transpirant légèrement. C’est pour cette raison que le réglage après achat compte souvent plus que le choix initial de la forme : une bonne monture mal réglée reste inconfortable, alors qu’une monture correctement ajustée à la morphologie du visage se fait oublier.

Ces ajustements, gratuits chez la plupart des professionnels après achat, sont rappelés parmi les conseils aux consommateurs disponibles sur inc-conso.fr, qui détaille les bons réflexes à avoir face à un opticien lors d’un achat de lunettes.

Ce principe du réglage plutôt que du seul choix esthétique rejoint d’ailleurs celui d’un vêtement retouché après achat : la forme initiale compte, mais c’est l’ajustement final qui décide vraiment du confort porté au quotidien.


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