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L’eau calcaire abîme plus les cheveux que le soleil

Avatar de Louise Ferrandi

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On blâme volontiers le soleil et le sel pour des cheveux ternes en été, alors que le vrai responsable coule directement du robinet. L’eau calcaire, très présente sur une bonne partie du littoral méditerranéen, agresse la fibre capillaire de façon plus continue et plus difficile à corriger qu’une exposition solaire ponctuelle.

Ce que le calcaire dépose vraiment sur la fibre

Une eau dite « dure » contient une concentration élevée de calcium et de magnésium dissous. À chaque rinçage, ces minéraux se déposent en fine pellicule sur la cuticule du cheveu, cette couche externe faite d’écailles qui devrait normalement rester lisse et refermée. Le dépôt calcaire empêche les écailles de se refermer correctement, ce qui donne cette sensation de cheveu rêche au toucher, terne à la lumière, même juste après le shampooing. Contrairement à une exposition au soleil, qui agit surtout en surface et sur une durée limitée, le calcaire s’accumule lavage après lavage, sans jamais vraiment repartir entre deux shampooings.

Un effet cumulatif, pas ponctuel

C’est cette accumulation qui distingue les deux agressions. Un coup de soleil sur les longueurs s’estompe en général avec la repousse et quelques coupes. Le calcaire, lui, se redépose à chaque douche, y compris en plein hiver, tant que l’eau reste aussi dure. Les cheveux colorés ou déjà fragilisés par un lissage encaissent le plus mal ce phénomène : la couleur ternit plus vite, et les pointes cassent davantage, un effet souvent attribué à tort à la chaleur ou au vent alors que l’eau du robinet y contribue chaque jour.

Le rinçage, geste le plus négligé

Le premier réflexe utile reste un rinçage plus long que d’habitude, en particulier après l’après-shampooing, dont les résidus se mélangent au calcaire et alourdissent encore la fibre s’ils ne sont pas correctement éliminés. Un rinçage final à l’eau plus fraîche referme légèrement les écailles du cheveu et limite la fixation des minéraux en surface, un geste simple qui ne coûte rien et se glisse facilement dans une routine déjà installée.

Adapter la fréquence plutôt que multiplier les produits

Laver ses cheveux tous les jours dans une eau très calcaire aggrave le phénomène plus qu’il ne le corrige : chaque lavage redépose une nouvelle couche de minéraux avant même que la précédente ait eu le temps de s’estomper. Espacer les shampooings de deux ou trois jours, quand la nature du cuir chevelu le permet, réduit mécaniquement le nombre de dépôts successifs. Un shampooing dit « chélatant », formulé pour capter les minéraux avant qu’ils ne se fixent sur la fibre, utilisé une fois toutes les deux ou trois semaines en complément du shampooing habituel, aide aussi à repartir sur une base plus neutre sans multiplier les produits au quotidien.

Ce qui relève vraiment du soleil

Le soleil n’est pas sans effet : il oxyde la kératine en surface et peut éclaircir légèrement les longueurs exposées, un phénomène réel mais superficiel comparé à l’action continue du calcaire. Protéger ses cheveux d’une exposition prolongée reste utile, notamment avec un foulard ou un chapeau plutôt qu’un simple soin laissé dans les cheveux, mais ce n’est pas ce geste-là qui redonnera de la brillance à une fibre déjà alourdie par des mois de dépôts calcaires.

Les deux agressions ne se corrigent d’ailleurs pas avec le même geste. Contre le soleil, l’essentiel se joue avant l’exposition, par un accessoire ou un soin protecteur appliqué en amont. Contre le calcaire, l’essentiel se joue après, au moment du rinçage, chaque douche offrant une nouvelle occasion de limiter les dépôts plutôt qu’une seule fenêtre d’action dans la journée. Confondre les deux logiques revient souvent à multiplier les soins nourrissants sans jamais s’attaquer à la vraie cause du ternissement.

La notion de dureté de l’eau, expliquée dans l’article que lui consacre Wikipédia, varie fortement d’une commune à l’autre selon la nature géologique des sols traversés par l’eau avant son arrivée au robinet, ce qui explique que le même geste de rinçage ne produise pas le même résultat d’une ville à l’autre du littoral.

Cette question de dépôt progressif, invisible au quotidien mais cumulatif, rejoint celle que pose le climat sec et venté de la ville sur la peau et les cheveux : ici, c’est rarement un seul événement qui abîme, mais une accumulation de petits gestes répétés sans y penser.


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